26.11.2008
Gâteau ou gâterie ?
Chez les chirurgiens othopédistes, c'est tout les jours halloween.
Mais version sexy trashy, hein, vous pouvez oublier le bon vieux " trick or treat", qui devient le fort sympathique : Gâteau ou gâterie ? Et exactement comme les enfants à halloween, nos amis, ressassent inlassablement leur question à tout ce qui ressemble plus ou moins vaguement à un étudiant en médecine.
Oui parce que l'ortho c'est un être un peu à part, et comme, je le sais, au fond de vous même vous vous despérez de ne pas connaitre de chir ortho, je me propose de vous en expliquer les bases de son fonctionnement.
Un orthopédiste chevronné obéit toujours à ces commandements :
1 ) jamais une phrase sans allusion sexuelle tu ne feras.
2 ) toujours ton col de blouse, relevé tu porteras. ( ouaich, c'est trop la classe d'être ortho )
3 ) ta visite ( = passer voir tout ses patients le matin ), en moins de dix minutes tu la feras.
4 ) de ta position de chef, face à tes externes toujours tu abuseras.
5 ) toujours les mêmes blaques tu feras, qui, faut-il le préciser respecteront le premier commandement.
6 ) les anesthésistes, toujours, tu détesteras, les chirurgiens vasculaires, toujours, tu mépriseras.
7 ) toujours raison, tu auras.
8 ) si tu as tort, réfère toi au septième commandement.
Développons, si vous le voulez bien, un peu ce cinquième commandement : "toujours les mêmes blaques tu feras, qui, faut-il le préciser respecteront le premier commandement".
les blagues, en fait il n'en existe que trois.
la première blagounette, c'est con, elle ne respecte pas le premier commandement ( bah oui que voulez-vous, l'ortho c'est un rebelle ... ), bref, le chirurgien la sort à chaque fois qu'il y a une petite foirade du fait ou non de l'externe : " eh, dis, l'externe, qui t'a payé pour saboter l'opération ? ".
la seconde blagounette, est tout aussi rituelle que la première. Elle a lieu à chaque plâtre. petit rappel : l'orthopédiste s'occupe des fractures des os, c'est dire que le plâtre ça le connaît. Lui, il pose les bandes de plâtre, tandis que l'externe les trempe dans de l'eau. Ce qui nous donne la phrase : " bon, je bande, et toi tu mouilles ... WAAAARRRF WAAAAARFF WAAAAAARRFFF " ( à noter : le rire gras fait partie intégrante de la blagounette ;)
Sans faire plus de commentaires, je vous propose de passer immédiatement à la troisième blagounette, celle qui nous intéresse aujourd'hui : " gâteau ou gâterie ? ". Celle-ci s'adresse en général à l'étudiant de garde, celui qui a l'immense honneur de passer les prochaines 24 h à l'hôpital ( enfin surtout au bloc, à tenir des écarteurs ;).
Et parce que cet honneur se mérite, les chefs de gardes se font un plaisir de revendiquer un gâteau pour le dîner, ou si le gâteau n'a as été fait une ... ?? Une ... ?? eh oui, une gaterie, tu as tout compris au concept ami lecteur ...
j'en viens au but ultime de ce billet : sauver des milliers d'étudiants en détresse. oui parce que qui dit étudiant en médecine dit " au seeeecours, entre les gardes, mes stages, les cours et les confs j'ai plus le temps de dormir .... arrrrgh... alors faire des gâteaux .... aaaargggh " (oui, l'externe fait beaucoup aaaaargh;).
Je vais donc vous donner, ici même, une recette de gâteau ultra facile, ultra rapide, un chouilla compact, mais ça, en garde c'est une qualité, rapport au fait qu'on ne sait jamais quand sera le prochain repas ;)
Mesdames et messieurs, la recette de votre sauveur :
200 g de chocolat à faire fondre avec 125 g de beurre dans une casserole, puis hors du feu mettre 200 g de sucre, 4 oeuf entiers, 2 cuillères de farine, mélanger le tout, et mettre au four 20 minutes à 180 degré.
Eh oui c'est le miracle du gâteau dont la recette tient en 2 ligne, la fabrication en 3 minutes ...
Et puis, le jour où vous êtes de garde avec vos chefs préférés, rien ne vous empêche de rajouter des cerneaux de noix ... je vous laisse libre de choisir des ingrédients bien moins sympathiques pour vos chefs aborrhés non vous laisser auparavant un petit message subliminal :
LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF !!!
Sur ce, je vous souhaite une bonne garde.
17:46 Publié dans Cuisine, Médecine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gâteau, gâterie, chirurgien, orthopédiste, externe, médecine
20.10.2008
L'Emmerdeur cuisine ...
Si vous avez suivi ses premières aventures, vous concevez aisément que notre Emmerdeur prompt à l'agaçement, un tantinet vélléitaire, n'a pas que des amis ... et ses ennemis, gentil comme il est, il ne peut s'empêcher, à leurs dépends, de les gâter ...
Traduction : il se venge.
Et c'est bien pour cela qu'il est passé maître dans l'art du glaçage.
Non, rassurez-vous, il ne congèle ceux qui n'auraient pas la chance de lui plaire... non, non ... il fait, par contre, des glaçages de gâteaux...
Dans ce billet, vous n'apprendrez donc que peu de choses sur les fonctionnalités des congélateurs ( cependant si vous êtes un passioné d'électro ménager je ne saurai trop vous conseiller d'aller faire un tour sur darty.com ), vous aurez néanmoins l'immense honneur d'assister à la revanche culinaire de l'Emmerdeur ;)
Vous vous demandez peut-être quel est l'intérêt, à l'instar du Graaaaand Maître Emmerdeur, de masteriser l'art du glaçage : la réponse est bien simple, s'y connaître en glaçage c'est se révéler un as du camouflage. Le principe étant de recouvrir le méfait : alias le gâteau le plus immonde possible, d'un glaçage d'une perfection sublime.
N' ayant point l'idée, de couper définitivement votre appétit, je ne m'aventurerai pas trop loin dans la description de la préparation du gâteau, mais sachez qu'un joyeux mélange de vos restes avariés de la semaine, allègrement soupaudrés de fromage fondu, et de poivre, devraient faire l'affaire, je vous laisse décider de la quantité de farine et de la cuisson en fonction de la consistance désirée.
le stade : mastic bourratif étant le but ultime ;). Par dessus cette horreur : Le glaçage, auquel un ermite ascétique allergique au chocolat ( oui car je vous conseille le chocolat noir pour le glaçage pour la bonne raison, que la couleur foncé masque mieux n'innomable bordel du dessous ;) ne doit pas pouvoir résister ...
Ceci étant fait, il ne lui reste plus qu'à apporter en hommage, ce met si délicat, au goulu ennemi, et l'observer, s'approcher, attiré par ce miroir de chocolat fondu. En règle générale il enfourne, avec une vigueur peu commune, une monstrueuse part et crispe vaguement un sourire, l'innomable chose titillant impitoyablement ses papilles gustatives, il lui faudra une bonne dizaine de minutes avant d'hoqueter misérablement les mots fétiches : "oh qu'il est bon, ce gâteau, tu me donneras la recette ? "
A part, augmenter notablement le nombre de passage au WC du coin, l'emmerdeur fait passer un message de première importance à base de "le glaçage ne fait pas le gâteau" ( dont une variante peu célèbre à été outrageusement tirée: "l'habit ne fait pas le moine" )
Oui, parce que l'emmerdeur, aime faire passer des messages pseudo-philosophiques, mais attention, pas à la façon relou : " ah, non, non, non, il ne faut pas juger sur les apparences, ça, non alors, c'est pas bien ".
Non, l'emmerdeur est beaucoup plus subtile que cela, et l'on pourrait croire, qu'à la manière d'un socrate d'un nouvel âge, tatoué et piercé ( wahouu le rebelle ;), il se dévoue pour éclairer l'intelligence de ses contemporains.
En réalité, il n'en est rien, il profite de cette couverture philosophique, ma foi fort honorable, pour bassement, se venger :)
Bilan : l'emmerdeur est multi-fonction : il cuisine (enfin, termine les restes de la semaine), philosophe et se venge :)
17:34 Publié dans Cuisine, L' Emmerdeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gâteau, glaçage, vengeance
15.10.2008
La boîte de chocolat ...
Selon une suggestion dans les commentaires de ce blog qui nous vient de .... euh de moi même, en fait (d'ou l'intérêt de s'auto-commenter ;) : nous analyserons les raisons obscures au prime abord, qui font qu'un patient offre des chocolats à son médecin.
Ce même médecin qui a pourtant été la cause de bien des souffrances : foultitudes de prises de sang ( de préférence à 6 heures du matin, pour bien commencer la journée), foultitudes d'examens complémentaires sympathiques ( et hop : une coloscopie ;) et non moins foultitudes de paroles incompréhensibles ( oui, alors cette AC/FA n'a pas été réduite par la cordarone, monsieur, on va donc faire un Choc Electrique Externe (CEE) ...
(parce que CEE, ça ne veut absolument pas dire Communeauté économique européenne, ya que les profs de géo pour raconter des trucs pareils ;) )
Toujours est-il qu'il arrive que le patient soit pris d'un accès subit de démence et offre à son tortionnaire de quoi permettre une fort agréable prolifération adipeuse ( cellules adipeuses = la graisse tout simplement ;). mais pourquoi ???
Hein, pourquoi ???
Eh bien la première raison, qui relève plutôt de la stratégie, d'ailleurs, consiste à offrir les chocolats au tout premier jour d'hospitalisation ( voir même dans les premières minutes ... ). Parce que c'est bien connu :
- la boîte de 500 g de léonidas : assure une prise en charge optimale,
- 250 g permettent une prise en charge acceptable
- les ferrero rochers, ne donnent en échange que 2 visites par semaine, et un package de trois médicaments maximum par jour ...
- les nuts, mars et autres marques, sont quand à elle sans réelle bénéfice ...
avis aux amateurs ;)
Le second facteur, est plus ou moins lié à la sus-nommée foultitude de paroles incompréhensibles. Il ne s'agit plus ici de chocolats de qualité mais d'une véritable arme de dissuasion : le chocolat gluant.
Celui qui se cramponne avec détermination sur chacune de vos dents. Il est en général proposé ( gracieusement ) au moment même ou l'on répète, ( non moins gracieusement ) pour la troisième fois une question gênante à laquelle notre patient, n'est pas franchement pressé de répondre. Un exemple (totalement au hasard ...) : essayer de comprendre pourquoi ce patient nouvellement greffé à arrêter ses immunosuppresseurs ( ce qui le met à risque de faire un rejet).
Notre patient, à l'espoir ténu qu'un bon gros chocolat, bien visqueux, devrait empêcher toute communication verbale, pendant quelques minutes, minutes justement nécessaire pour entamer une diversion : à base de " quand je bois de l'eau froide, j'ai des palpitations ..." .
Ai-je besoin de vous dire que depuis, je réutilise à bon escient, ce stratagème, en gardant,avec précaution, le fameux chocolat pour un co-externe un peu trop bavard ...
3 ième raison : le patient pénible, et qui se sait pénible, est la plupart du temps atteint d'une maladie chronique, il revient donc plusieurs fois dans l'année, dans le même service ... autant vous dire que toute l'équipe médicale et paramédicale le connaît par coeur, et tente plus ou moins discrètement de se le refiler...
Ce patient, sachant qu'une fois de plus, il refusera les examens prévus, vadrouillera dans les couloirs quand il est censé être en repos au lit strict, esquivera les visites des médecins pour mieux se plaindre de ne pas être bien informé, débarque inévitablement dans le service avec un sac rempli de bonbons, et chocolat, qu'il jette négligement dans le poste de soin, s'esquivant aussitôt, à peu près comme le ferait un terroriste de sa bombe ...
Le bougre, booste son capital sympathie, avant de le détruire consciencieusement, jour après jour ...
Quatrième possibilité, l'entourage, ma foi fort sympathique du patient qui apporte ingénument une énoooorme boîte de chocolats somptueux, en guise de voeux de prompt rétablissements sans imaginer que le patient soit : à jeun pour un examen, une opération, ou tout bonnement incapable de les manger... auquel cas ceux-ci ne seront qu'une affreuse tentation dont il faudra se débarrasser au plus vite, en les refourguant au premier qui entrera dans la chambre ;)
La dernière, est la plus sympathique, puisqu'il s'agit du patient reconnaissant qui offre à son départ de quoi régaler le service pour quelques journées ( euuuh, la prochaine demi-heure ... ). C'est parfois mérité : un diagnostic rapide, un traitement efficace, mais il arrive, je vous l'avoue, que le mystère soit resté entier, ce qui, va savoir pourquoi, n'empêche pas le patient d'être réellement reconnaissant ...
And now, you know all about the gift of chocolates in ze hospital ... yeah ...
17:16 Publié dans Cuisine, Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chocolat, médecins, patient, hôpital
23.06.2008
Penne au parmesan et basilic ...
J'ai eu la funeste idée d'avouer l'existence de ce blog à môsieur le fieffé fifrelin : surnom qu'il s'est joyeusement octroyé, et qui croyez-moi lui va à merveille ...
Mais attention : sachez qu'il est formellement contre-indiqué de le prononcer à haute voix en particulier si vous êtes en train de manger de la semoule : tout d'abord parce que l' ON NE PARLE PAS LA BOUCHE PLEINE, voyons, mais surtout parce que vous risquez de faire un sublime postillonnage de semoule ... J'aurai certes pu analyser ce surnom de façon beaucoup plus littéraire, et au lieu de parler postillons, discuter avec vous de cette sublime allitération en F, qui lui donne un petit côté festif, fort sympathique ... mais non ... Sur ces considérations à la limite de la philosophie, venons-en au thème de ce billet :
Le fieffé fifrelin, ayant à peine connu la nouvelle, s'est empressé de me commander un article traitant de son sujet favori : à savoir les pâââââtes, nous traiterons donc ici des penne au parmesan et au basilic, petite recette très facile et très rapide à préparer ( oui parce que le fieffé fifrelin, s'il adooooore les nouilles, n'est pas prêt à y sacrifier beaucoup de temps, son estomac étant ma foi plus que tyrannique ;)
les proportions sont données pour 1 Fieffé Fifrelin soit 2 à 3 personnes :
Vous faîtes cuire vos 250 grammes de penne ( les pennes c'est les pâtes rondes, sans cannelures et en biseau ...) dans de l'eau bouillante salée pendant 10 minutes environ. Un peu avant la fin de la cuisson, récupérez 1/4 de tasse de liquide de cuisson. Égouttez les pâtes, les remettre dans la casserole, ajoutez 2 cuillères à soupe d'huile d'olive, une noix de beurre ( hé hé, je vois que la noix de beurre vous laisse aussi perplexe que moi, parce que quand on coupe un bout de beurre jamais on ne se retrouve avec une forme en noix, mais que voulez vous, c'est l'expression consacrée), ajoutez 25 g de parmesan et 25 g de basilic, muscade, sel et poivre ... vous remuez gentillement tout cela à feu doux, il ne vous reste plus qu'à servir dans un joli plat ...
Et à vous la reconnaissance éternelle de votre estomac, enfin éternelle : jusqu'au prochain repas, quoi ... c'est ingrat un estomac finalement ... pour toi le fifrelin, c'est plus 30 à 45 minutes, hein, mais je te fais confiance tu te rattraperas sur le pot de nutella ;)
18:35 Publié dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : recette, pâtes, penne, parmesan, simple, basilic
29.05.2008
Melon, jambon de pays, Porto ...
On en parle pas assez, mais le melon, prosciutto avec du porto c'est le trio de rêve... mais attention : dans le style trio indissociable ; parce que :
- Porto et jambon cru : ça, ça s'appelle planquer sa consommation d'alcool derrière un petit jambon innocent ... pas crédible...
- Melon et jambon : là aussi, c'est suspect, vous qui ne mangez que des aliments bien gras, bien sucré, ou bien alcoolisé : le passage au gentil melon frais et au jambon de pays* ça ressemble fort à un repas diététique (aaaaarrrgh :)
- Melon et porto : c'est frais et alcoolisé, pourquoi pas ... j'avoue que dans un moment de faiblesse on peut se laisser tenter, mais c'est tellement en dessous de l'association des trois, demandez à vos papilles gustatives ce qu'elles en pensent ...
Le plus intriguant dans cette histoire c'est ce qui s'est passé avec les neurones du ouf-malade qui y a pensé : un fruit un alcool et de la viande ... le commun des mortel quand il lui prend d'associer des aliments en général ça tourne à la garniture pour tarte à restes ( concept simple : une pâte, et au dessus tout les restes de la semaine bien cuit, bien mixé ... mmm ... ) bah lui, c'est le paradis gastronomique ...
Et puis parce que je suis sûre qu'en vous sommeille un ouf-malade : je vous met au défi de tester l'ensemble : banane-langouste-vin blanc ...
* C'est pas un peu foireux cette dénomination : jambon de pays ? si le but c'est vraiment de nous indiquer l'origine du jambon, c'est pas franchement réussi ... et si c'est un concept marketting style : " et si on mettait jambon de pays que ça fasse terroir, hein ? " c'est minable, de toute façon on est pas comme ça nous, on ne tomberait jamais dans ce genre de piège grossier ... ( quoi comment ça ? pas plus crédible que le porto-jambon ? roooh, z'êtes dur là ... :)
18:48 Publié dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : génie, cuisine, porto, melon, jambon de pays


