26.11.2008
Gâteau ou gâterie ?
Chez les chirurgiens othopédistes, c'est tout les jours halloween.
Mais version sexy trashy, hein, vous pouvez oublier le bon vieux " trick or treat", qui devient le fort sympathique : Gâteau ou gâterie ? Et exactement comme les enfants à halloween, nos amis, ressassent inlassablement leur question à tout ce qui ressemble plus ou moins vaguement à un étudiant en médecine.
Oui parce que l'ortho c'est un être un peu à part, et comme, je le sais, au fond de vous même vous vous despérez de ne pas connaitre de chir ortho, je me propose de vous en expliquer les bases de son fonctionnement.
Un orthopédiste chevronné obéit toujours à ces commandements :
1 ) jamais une phrase sans allusion sexuelle tu ne feras.
2 ) toujours ton col de blouse, relevé tu porteras. ( ouaich, c'est trop la classe d'être ortho )
3 ) ta visite ( = passer voir tout ses patients le matin ), en moins de dix minutes tu la feras.
4 ) de ta position de chef, face à tes externes toujours tu abuseras.
5 ) toujours les mêmes blaques tu feras, qui, faut-il le préciser respecteront le premier commandement.
6 ) les anesthésistes, toujours, tu détesteras, les chirurgiens vasculaires, toujours, tu mépriseras.
7 ) toujours raison, tu auras.
8 ) si tu as tort, réfère toi au septième commandement.
Développons, si vous le voulez bien, un peu ce cinquième commandement : "toujours les mêmes blaques tu feras, qui, faut-il le préciser respecteront le premier commandement".
les blagues, en fait il n'en existe que trois.
la première blagounette, c'est con, elle ne respecte pas le premier commandement ( bah oui que voulez-vous, l'ortho c'est un rebelle ... ), bref, le chirurgien la sort à chaque fois qu'il y a une petite foirade du fait ou non de l'externe : " eh, dis, l'externe, qui t'a payé pour saboter l'opération ? ".
la seconde blagounette, est tout aussi rituelle que la première. Elle a lieu à chaque plâtre. petit rappel : l'orthopédiste s'occupe des fractures des os, c'est dire que le plâtre ça le connaît. Lui, il pose les bandes de plâtre, tandis que l'externe les trempe dans de l'eau. Ce qui nous donne la phrase : " bon, je bande, et toi tu mouilles ... WAAAARRRF WAAAAARFF WAAAAAARRFFF " ( à noter : le rire gras fait partie intégrante de la blagounette ;)
Sans faire plus de commentaires, je vous propose de passer immédiatement à la troisième blagounette, celle qui nous intéresse aujourd'hui : " gâteau ou gâterie ? ". Celle-ci s'adresse en général à l'étudiant de garde, celui qui a l'immense honneur de passer les prochaines 24 h à l'hôpital ( enfin surtout au bloc, à tenir des écarteurs ;).
Et parce que cet honneur se mérite, les chefs de gardes se font un plaisir de revendiquer un gâteau pour le dîner, ou si le gâteau n'a as été fait une ... ?? Une ... ?? eh oui, une gaterie, tu as tout compris au concept ami lecteur ...
j'en viens au but ultime de ce billet : sauver des milliers d'étudiants en détresse. oui parce que qui dit étudiant en médecine dit " au seeeecours, entre les gardes, mes stages, les cours et les confs j'ai plus le temps de dormir .... arrrrgh... alors faire des gâteaux .... aaaargggh " (oui, l'externe fait beaucoup aaaaargh;).
Je vais donc vous donner, ici même, une recette de gâteau ultra facile, ultra rapide, un chouilla compact, mais ça, en garde c'est une qualité, rapport au fait qu'on ne sait jamais quand sera le prochain repas ;)
Mesdames et messieurs, la recette de votre sauveur :
200 g de chocolat à faire fondre avec 125 g de beurre dans une casserole, puis hors du feu mettre 200 g de sucre, 4 oeuf entiers, 2 cuillères de farine, mélanger le tout, et mettre au four 20 minutes à 180 degré.
Eh oui c'est le miracle du gâteau dont la recette tient en 2 ligne, la fabrication en 3 minutes ...
Et puis, le jour où vous êtes de garde avec vos chefs préférés, rien ne vous empêche de rajouter des cerneaux de noix ... je vous laisse libre de choisir des ingrédients bien moins sympathiques pour vos chefs aborrhés non vous laisser auparavant un petit message subliminal :
LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF, LAXATIF !!!
Sur ce, je vous souhaite une bonne garde.
17:46 Publié dans Cuisine, Médecine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gâteau, gâterie, chirurgien, orthopédiste, externe, médecine
19.11.2008
Les infirmières et les externes (2)
je vous avais promis, ô nobles lecteurs, de continuer cette analyse sociologique de première importance sur les relations qu'entretiennent les étudiants en médecine et les infirmières, relations purement professionelles, cela va sans dire ;)
Et comme promis, vous trouverez ici : l'infirmière surbookée, l'infirmier et pour finir en beauté : l'étudiante infirmière, ...
L'infirmière surbookée, je vous le dit franchement : c'est un monde à part.
A 8 h du matin, quand tout un chacun est encore préoccupé par le maintien de ses paupières en position ouverte, qu'une seule question obsède nos 2 neurones* est ce que j' ai encore les plis des draps incrustés sur ma joue ?
(* les 2 seuls qui ont accepté de prendre l'air éveillé )
Notre inf, elle est à 300 %, mais déjà submergée par le boulot, en retard sur ses soins, ses pansements et sa tournée de médicament...
en plus à 9 heure, c'est la visite du grand chef, il va falloir assurer la visite et les soins : bienvenu en enfer ...
L'infirmière surbookée, l'externe la plaint de tout son coeur, parce qu'il ne faut pas mentir, l'externe, malgré son efficacité légendaire ( on ferme les yeux et on y croit très fort ), il se pourrait que parfois, il se sente comme enseveli vivant sous le nombre de missions qu'il doit accomplir dans les 2 prochaines heures s'il veut avoir le temps de manger ... alors forcément il compatit...
Mais l'externe, n'est pas que bonté, sympathie et gentillesse, non l'externe a aussi son côté obscur.
Oui parce que parfois, il a des questions à lui poser, à notre infirmière, et rapidement (rapport aux 32 missions qui l'attendent narquoisement au tournant ;), sauf que, pour poser une question à une inf débordée, il faut user de patience ( l'externe, dans ses poches, il a de tout, un chocolat offert par un patient, un carnet à mission, des réglettes pour mesurer le poids d'un asthmatique si il a pris un antidiabétique oral auparavant (utile, n'est il pas ? ) des stylos, un stétho, une montre, une petite lampe, mais de la patience, ça : nada, niet, walou ...)
Il faut l'aborder au bon moment, ce qui signifie : ne JAMAIS la questionner quand elle est en pause, ne JAMAIS la questionner lorsqu'elle prépare une bonne grosse seringue de valium ( ça serait domage que l'injection pour un patient agité se retrouve ( malencontreusement ) dans votre bras ;)
Plus important encore : ne JAMAIS, JAMAIS, commencer par un " ça va ? " vous vous exposeriez à un déferlement de reproches plus ou moins compréhensibles, dont vous ne comprendriez pas le quart du début du commençement ...
Une fois le bon moment trouvé, et le " ça va " évité : ne pas se laisse doubler par un co-externe, ou pire un chef, qui eux aussi zieutent depuis le début de la matinée la demi-seconde parfaite ...
Il faut alors utiliser la technique bombe qui consiste à balancer la question, comme on enlèverait une bande de cire épilatoire : brutal et sans pitié ... puis s'enfuir tout aussi rapidement, pour éviter toute possibilité de déviation vers le sus-expliqué déferlement ( mais attention, hein, vous barrez pas avant d'avoir eu la réponse ... ça serait dommage ;)
Passons maintenant à l'infirmier :
l'infirmier, quelque part, je suis mal placée pour en parler, j'ai du en voir 1 et demi (le demi : c'était un étudiant infirmier ) c'est pour vous dire à quel point c'est une espèce en voie de disparition ;) ... mais les conséquences de cette rareté c'est qu'on les chouchoute à fond. heuuu, non sans avoir auparavant refiler toutes les missions un peu physiques du service : et une fenêtre qui coince, une ... ;).
On les dragouille gentillement : pas d'infirmier dans le service = pas de problème informatique, un infirmier dans le service = "et dis donc Mister Sexy tu peux pas m'aider sur l'ordinateur là ? "
d'ailleurs le seul infirmier que j'ai connu il vivait entouré d'un véritable harem, va savoir pourquoi il arborait en permanence un sourire béat.
Bref Avoir un infirmier c'est le rêve ...
Bon, le problème c'est qu'en général ( ce "en général" se base sur une étude multicentrique d'un seul et unique spécimen c'est dire sa fiabilité ;) nos amis infirmiers préfèrent bosser en chirurgie ou en réanimation, mais moins dans les services de médecine : dommage ...
Et, le moment est enfin venu de parler de l'étudiante infirmière ...
aaaah l'étudiante infirmière, qui avec l'externe, innocents ( bon ok : niais ... ), découvrent ensemble le doux monde de l'hôpital, se font ensemble des sessions imitations de leurs chefs respectifs, des concours pour savoir qui est le patient le plus sympa du service... et surtout partagent le même mode de vie : hosto, boulot, dodo ...
Mais le must, avec l'étudiante infirmière, c'est qu'elle vient poser des questions à l'externe ...
Je ne sais pas si vous saisissez tout l'insolite de cette phrase : "poser une question à l'externe" ...
Oui parce que l'externe il s'est tellement habitué à ce que ça soit lui qui pose les questions que quand on lui en pose une, il est tout comme foudroyé de bonheur, surtout quand il sait y répondre ...
"WAW WAW WOUPITI WALOULOU YEAAAAAAAFH !!! YIIIIIIIIHAAAAA !!!!" qu'il fait l'externe, mais intérieurement, hein ... (enfin parfois il se laisse un peu emporter, mais c'est une autre histoire ... )
Bon après, c'est un peu moins drôle parce qu'il s'oublie un tantinet ( comprendre : carrément ;) et se lance dans des explications physio-pathologique de ouf-malade, des schémas pseudo-explicatifs, qui mériterait amplement le nom de schémas cafouillo-emmerdants ...
Bref l'étudiante infirmière c'est le rayon de soleil dans un monde aseptisé ( amis des phrases chlichés : bienvenus ;)
Bref (noumber two ) l'étudiante infirmière c'est le prozac de l'externe ( fan de pharmacologie : bienvenus ;)
Bref ( numero tres ) l'étudiante infirmière c'est une star ( amis des conclusions multiples : bienvenu ;)
Voili, voilou
The end.
( ou pas ... y aura pt'être une troisième partie ... )
Vous voulez une Troisième partie ?
...
Vous voulez une troisièèèème paartiiiiie ??
...
J'ENTENDS RIEEEEEN !!!
...
VOUS VOULEZ UNE TROISIIEEEEEEEEEEEEMEE PARTIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ??? ( oui ce blog c'est un peu l'olympia ce soir ... ;)
17:49 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : infirmières, externes, hôpital
10.11.2008
Félicitations, c'est un ... rachis !
Pour tout un chacun : " rachis ", c'est pas un mot qui veut dire grand chose, pour robert ( celui qui est petit ) c'est l'ensemble des vertèbres qui forment la colonne vertébrale, a priori, pas de quoi en écrire un billet...
Mais de part chez nous, en orthopédie, " un rachis ", c'est bien plus qu'un mot.
Un rachis :
C'est un petit vieux, 12 fois arrière grand père, qui a fêté son anniversaire la veille. la famille au grand complet, à eu la bonne idée de lui offrir ... des pantoufles. Cadeau somptueux, n'est-il pas ?
Notre héros, à peine chaussé, se retrouve à terre, une des sus-citées pantoufles s'étant sournoisement glissée sous un coin de tapis.
[aparté médical parce que vous le valez bien ... ] avec l'âge les sensibilité de la peau diminue, en particulier celle de la plante des pieds, ce qui favorise la chute chez les gens âgés. Si cendrillon * avait eu 75 ans, l'affreuse belle-mère, au lieu de la pomme empoisonnée, aurait certainement choisi des pantoufles bien molletonnée ;)
* Eh oh, suivez un peu les jeunes, là : c'est Blanche neige ... hein ... pour la peine vous allez me refaire une cure de dvd de walt disney ... ( euh ... merci, terry laire et ses petits commentaires ;)
Toujours est-il que notre papy, se retrouve avec une fracture vertébrale ( sur ostéoporose ) : et un rachis, un ...
Un rachis :
C'est un gamin de 17 ans, qui vit seul à paris, quant toute sa famille se trouve de l'autre côté de la méditerranée. IL cherche vaguement un endroit pour crécher ce soir, un peu d'alcool dans le sang, et beaucoup de benzodiazépines ( c'est un médicament qui lutte contre l'anxiété, inutile de vous dire qu'à fortes doses, c'est plus franchement contre l'anxiété que ça lutte, mais contre tout état de conscience ). Il entrouvre la fenêtre du squat, nous sommes au troisième étage. Il tombe.
Il est même pas majeur, ce garçon, mais il est déjà marqué :
c'est un toxico, c'est un immigré illégal, c'est un sdf, c'est un alcoolique et sa chute fait de lui un défenestré.
un scanner plus tard et le voilà pourvu d'une nouvelle étiquette pour sa collection : c'est un rachis.
Un rachis non neuro*, que nos amis orthopédistes opèrent, la grande question étant de savoir quelle type de vis ** on va bien pouvoir lui mettre...
*Un rachis non neuro, c'est que la ou les fractures des vertèbres ne touchent pas la moelle épinière ni les racines nerveuses qui en sortent, le patient n'a donc pas de signes neurologique ( = il n'est pas paralysé, il n'a pas de perte de sensibilité )
** oui, parce qu'on visse dans les vertèbres pour maintenir la colonne dans une position correcte...
Un rachis :
c'est un homme de 57 ans, qui a fumé son paquet de clopes par jour, et qui se retrouve un beau matin, avec un diagnostic laid : un cancer broncho-pulmonaire, qui prend ses aises sur 2, 3 vertèbres. Un cancer du poumon métastasé à l'os ça se passe de commentaires. Mais celui la de cancer il s'est pas contenté de bouffer des corps vertébraux, il a poussé sa connerie jusqu'à comprimer la moelle : paraplégique.
Un rachis :
C'est un trentenaire, marié depuis 2 ans, qui rentre chez lui dans la nuit en moto, il dérape sur la chaussée, et se retrouve 3 mètres plus loin, inconscient. les secours arrivent, et l'emmènent rapidement à l'hôpital, un arrêt cardiaque récupéré, à peine arrivé en réa pour le fun.
En imagerie on retrouve 11 fractures de côtes, et de multiples fractures vertébrales, des épineuses ( c'est la partie des vertèbre que l'on sent juste sous la peau du dos, et des transverses : ce sont des fractures qui ne touchent ni la moelle ni les racines, et qui ne provoque donc aucun signes neurologiques.
je vous passe le reste du bilan : hein, au cas ou vous ne l'auriez pas remarqué, ce texte est tantinet ciblé sur le ... rachis ( si, si ... ).
Quelques opérations plus tard, il est transféré de la réanimation en service d'orthopédie, ou môsieur est grandement déçu de n'avoir pas réussi le jackpot de 12 côtes, et 2 ou 3 fractures vertébrales de plus ...
18:34 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : médecine, rachis, orthopédie
03.11.2008
L'externe en mission au Bloc opératoire.
Today : a new episode of " the missions of an externe "
l'externe, je vous le rappelle c'est cette drôle de bestiole que l'on retrouve traînassant sa blouse plus ou moins blanche dans les couloirs des hôpitaux universitaires, tâchant vaguement d'apprendre quelque chose sans que cela se fasse au dépend de ses patients (longue histoire ... )
et aujourd'hui c'est le grand jour, notre externe se rend dans le lieu saint : le bloc (comprennez le bloc opératoire ;), et n'en doutez pas il écopera de missions tout aussi glorieuses que les précédentes ( je ne vous ferai pas l'affront de vous les rappeller... euuh, c'est peut-être aussi parce que je ne m'en rappelle plus... je crois vous avoir honoré d'une sublime note sur l'art de la photocopie, mais les autres... sorry ).
mais revenons donc à ce sympathique bloc, que pour l'exemple nous prendrons d'orthopédie ( toute ressemblance avec la situation actuelle de me myself and ne pourrait être que fortuite ;) : et comme l'orthopédie c'est le traitement des os des membres et de la colonne vertébrale, la chirurgie orthopédique c'est donc la chirurgie des os ...
et notre ami, externe, vous l'avez peut-être déjà deviné, aura le privilège, que dis-je : la gloire et l'honneur de tenir un bras, une jambe, une main dans la position adéquate des heures durant ( d'où la musculature sans faille de l'externe d'orthopédie ;), pendant que nos, non moins amis chirurgiens tripatouillent allègrement tout cela ...
Wahou, l'externe est une star...
parfois on lui demande même de passer les instruments au chirurgien : mission qu'il accomplirait avec la plus grande grâce, si seulement il connaissait leurs noms... en attendant, il les tends plus ou moins au hasard, tachant de deviner derrrière le nom plus ou moins suggestif de l'instrument sa forme possible...
petit mise en scène :
Chirurgien : " PIINNCE DE GOB "
Externe : se retourne avec anxiété vers la table, recouverte d'une bonne cinquantaine de pinces, ciseau, marteau, écarteurs et autres objets non moins sympathiques, qu'il observe septique ( pas l'externe, hein le regard : l'externe, lui est parfaitement stérile, avec sa casaque bleu, et ses doubles paires de gants, à moins que, euuuh ... bah qu'il se soit contaminé ... CE CON ! ), bref il cherche vaguement dans les cisailles entremellées : laquelle peut bien être l'heureuse élue ...
Chirurgien : désespérant de ne jamais voir sa pince chérie arriver, s'en va à la table se servir lui-même, un petit soupir d'exaspération dans la voix ...
la scène se reproduit plusieurs fois, avec tour à tour : "le dos d'âne", "le davier de faraboeuf", "la pince à disséquer", " la rugine"
et au beau milieu de l'opération, le chirurgien demande alors des ciseaux. L'externe, transporté de joie à l'idée de pouvoir enfin donner le bon instrument, se retourne vers la table, et se saisissant d'un objet bien familier que cela en est presque sympathique est alors pris d'un affreux doute : mais est ce que ces tordus de chirugiens, ne seraient pas foutus d'appeller ciseau, un truc qui n'en a absolument rien à voir ...
eh bien ça n'a pas loupé le ciseau du chirugien : c'est ça :
bilan : ils nous feraient presque prendre des vessies pour des lanternes ces cons ;)
18:01 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : orthopédie, bloc opératoire, chirurgie, externe
30.10.2008
La naissance de la déontologie médicale.
les mecs qui ont inventé l'éthique médicale, ont tout simplement repris des principes moraux déjà en vigueur, les adaptant plus ou moins à la médecine. Bon, pour le style ils ont transformé le mot morale en "éthique" ou en "déontologie" ( selon l'humeur du jour ). mais ça, à la rigueur on pourrait leur pardonner, au vu de ce qu'ils ont fait pour l'humanité ...
Euh, mais d'ailleurs qu'ont-ils fait pour l'humanité ?
permettez-moi une mini-digression de ... euh 3 siècles ...
Au moment de la révolution française, il y a eu moult évènements importants:
la libération d'un aristocrate fou, de 4 faussaires et de deux autres couillons que nous autres français fêtons tout les 14 juillet, parce qu'on aime bien commémorer les choses importantes ;)
Mais il y a eu d'autres trucs, un soupçon moins médiatique comme l'abolition des corporations :
[ mode intello à lunettes à écailles, l'index droit au ciel ...] Mais qu'est ce que c'est les corportation ? [mode intello off]
En gros les personnes qui bossent dans un même métier appartiennent à un même group : la corporation, qui a une organisation et système juridique propre. Pour être médecin, il faut par exemple être reçu docteur à l'hôtel dieu, une fois reçu on doit obéir aux règles érigées par la sus-décrite corporation.
Eh bah après 1803 : bim : abolition des corporations, ce qui revient à dire que quiconque en à l'envie peut se considérer médecin ... ( oh oui, je te vois ami externe qui soupire devant ton écran, toi qui te tape 10 ans d'étude pour ce qui prenait à cette époque magique l'équivalent d'une demi-seconde, l'exact demi-seconde qu'il faut pour se dire : "j'ai bien envie d'être médecin aujourd'hui ..."
Bon quelques années plus tard, un quidam a dû capter que la demi-seconde formation c'était peut-être pas suffisant ... on crée donc la notion de compétence et on réglemente à nouveau la profession médicale.
On crée même 2 catégories : les médecins, qui acquièrent leur statut en 5 ans avec apprentissage universitaire et au lit du malade ; et la profession d'officier de santé qui eux, apprennent aux côtés d'un médecin en 2 ans. Ces derniers ne pourront exercer que dans les limites de leur département.
Bien évidemment, les deux professions se disputent leurs patientèle respective, et les officiers de santé plus disponibles et se créant rapidement une patientèle de proximité, irritent un tantinet nos amis médecins : ces derniers pour se démarquer ont la noble idée de se créer un code de déontologie, où ils s'astreignent, entre autre à donner quelques consultations gratuites dans les dispensaires en plus de leurs patientèle aisée ...
ils se créent ainsi un certain nombre d'exigences morales, non pour le bien de leurs malades, mais bien pour le maintien de leur statut ...
Elle est pas belle la déontologie ?
et pour répondre à l'intello binoclard ( comment ça, je tape dans les gros clichés aujourd'hui ? ... Vous croyez ?? ) un petite précision : le code de déontologie à l'origine de celui que nous connaissons actuellement naîtra bien plus tard, dans la seconde moitié du XX ième siècle.
17:48 Publié dans Médecine, Rétablissons la vérité | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
15.10.2008
La boîte de chocolat ...
Selon une suggestion dans les commentaires de ce blog qui nous vient de .... euh de moi même, en fait (d'ou l'intérêt de s'auto-commenter ;) : nous analyserons les raisons obscures au prime abord, qui font qu'un patient offre des chocolats à son médecin.
Ce même médecin qui a pourtant été la cause de bien des souffrances : foultitudes de prises de sang ( de préférence à 6 heures du matin, pour bien commencer la journée), foultitudes d'examens complémentaires sympathiques ( et hop : une coloscopie ;) et non moins foultitudes de paroles incompréhensibles ( oui, alors cette AC/FA n'a pas été réduite par la cordarone, monsieur, on va donc faire un Choc Electrique Externe (CEE) ...
(parce que CEE, ça ne veut absolument pas dire Communeauté économique européenne, ya que les profs de géo pour raconter des trucs pareils ;) )
Toujours est-il qu'il arrive que le patient soit pris d'un accès subit de démence et offre à son tortionnaire de quoi permettre une fort agréable prolifération adipeuse ( cellules adipeuses = la graisse tout simplement ;). mais pourquoi ???
Hein, pourquoi ???
Eh bien la première raison, qui relève plutôt de la stratégie, d'ailleurs, consiste à offrir les chocolats au tout premier jour d'hospitalisation ( voir même dans les premières minutes ... ). Parce que c'est bien connu :
- la boîte de 500 g de léonidas : assure une prise en charge optimale,
- 250 g permettent une prise en charge acceptable
- les ferrero rochers, ne donnent en échange que 2 visites par semaine, et un package de trois médicaments maximum par jour ...
- les nuts, mars et autres marques, sont quand à elle sans réelle bénéfice ...
avis aux amateurs ;)
Le second facteur, est plus ou moins lié à la sus-nommée foultitude de paroles incompréhensibles. Il ne s'agit plus ici de chocolats de qualité mais d'une véritable arme de dissuasion : le chocolat gluant.
Celui qui se cramponne avec détermination sur chacune de vos dents. Il est en général proposé ( gracieusement ) au moment même ou l'on répète, ( non moins gracieusement ) pour la troisième fois une question gênante à laquelle notre patient, n'est pas franchement pressé de répondre. Un exemple (totalement au hasard ...) : essayer de comprendre pourquoi ce patient nouvellement greffé à arrêter ses immunosuppresseurs ( ce qui le met à risque de faire un rejet).
Notre patient, à l'espoir ténu qu'un bon gros chocolat, bien visqueux, devrait empêcher toute communication verbale, pendant quelques minutes, minutes justement nécessaire pour entamer une diversion : à base de " quand je bois de l'eau froide, j'ai des palpitations ..." .
Ai-je besoin de vous dire que depuis, je réutilise à bon escient, ce stratagème, en gardant,avec précaution, le fameux chocolat pour un co-externe un peu trop bavard ...
3 ième raison : le patient pénible, et qui se sait pénible, est la plupart du temps atteint d'une maladie chronique, il revient donc plusieurs fois dans l'année, dans le même service ... autant vous dire que toute l'équipe médicale et paramédicale le connaît par coeur, et tente plus ou moins discrètement de se le refiler...
Ce patient, sachant qu'une fois de plus, il refusera les examens prévus, vadrouillera dans les couloirs quand il est censé être en repos au lit strict, esquivera les visites des médecins pour mieux se plaindre de ne pas être bien informé, débarque inévitablement dans le service avec un sac rempli de bonbons, et chocolat, qu'il jette négligement dans le poste de soin, s'esquivant aussitôt, à peu près comme le ferait un terroriste de sa bombe ...
Le bougre, booste son capital sympathie, avant de le détruire consciencieusement, jour après jour ...
Quatrième possibilité, l'entourage, ma foi fort sympathique du patient qui apporte ingénument une énoooorme boîte de chocolats somptueux, en guise de voeux de prompt rétablissements sans imaginer que le patient soit : à jeun pour un examen, une opération, ou tout bonnement incapable de les manger... auquel cas ceux-ci ne seront qu'une affreuse tentation dont il faudra se débarrasser au plus vite, en les refourguant au premier qui entrera dans la chambre ;)
La dernière, est la plus sympathique, puisqu'il s'agit du patient reconnaissant qui offre à son départ de quoi régaler le service pour quelques journées ( euuuh, la prochaine demi-heure ... ). C'est parfois mérité : un diagnostic rapide, un traitement efficace, mais il arrive, je vous l'avoue, que le mystère soit resté entier, ce qui, va savoir pourquoi, n'empêche pas le patient d'être réellement reconnaissant ...
And now, you know all about the gift of chocolates in ze hospital ... yeah ...
17:16 Publié dans Cuisine, Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chocolat, médecins, patient, hôpital
12.10.2008
la critique est aisée ...
On compare souvent la maladie à une guerre, où les microbes et bactéries, dans le rôle des méchants, envahissent brutalement un territoire innocent : le corps du patient. Celui-ci déploie, pour sa défense de vigoureux anticorps, et possède pour son plus grand bonheur un fin stratège : le médecin, qui l'aide dans cette terrible bataille en lui proposant différentes stratégies pour parvenir à l'extermination de l'armée adverse. Suivent en général, surtout en cours de biologie, une vidéo, ma foi fort sympathique, avec reconstitution de la scène ... Super ...
Bon, dans la vidéo, ils insistent toujours sur les anticorps contre les antigènes (oui parce que le but c'est de faire comprendre le système immunitaire ... car le prof aussi est un fin stratège : la vidéo, c'est jamais un clip marrant et un peu stupide, mais toujours un cours plus ou moins bien déguisé ... dommage ;).
La vraie bataille, la plus acharnée en tout cas, elle n'est pas là. elle se situe un peu plus loin, parmi les médecins...
Ouais, parce que nos médecins, guerriers pour l'occasion, ils font exactement pareil que pour la vraie guerre : une première ligne ( le généraliste ), qui monte au front, un peu inconsciente des dangers, elle arrive en premier face à l'adversaire, qu'elle doit reconnaître, l'identifier comme le réel adversaire ( oui parce que parfois il y a des épouvantails ) elle prend ses mesures, le jauge, l'estime, et lorsqu'elle l'a bien cerné, elle balance les premières armes et attaque le gros des troupes : les symptômes aux avants-postes, parfois ça marche : et le soldat revient, content de lui ...
Mais parfois, l'adversaire remporte la première bataille, la première ligne est submergée, c'est à la seconde ligne ( un second médecin généraliste ) de passer à l'attaque, et la seconde ligne, procède de la même manière, l'étude, l'examen, puis l'attaque, non sans vaguement reprocher à la première ligne de s'être fait aussi facilement débordée, de n'avoir pas vu venir, de n'avoir pas pensé à telle ou telle technique.
Lorsque la seconde ligne triomphe, elle fête joyeusement son succès, et retourne se battre sur d'autres fronts. Si la seconde ligne échoue : les renforts rentrent sur le terrain, il sont parfois tellement spécialisé, qu'ils oublient d'attaquer la totalité de l'armée adversaire, et tapent à gros boulets, sur la moitié du quart de l'armée adversaire, parfois.
Au hasard d'une exploration trop poussée, ils découvrent des micro-suspects qui n'ont absolument rien à voir avec la choucroute, mais qui déclenchent néanmoins une riposte immédiate... parfois ils découvrent aisément le coupable et le châtient remarquablement, l'air blasé. la bataille, trop facilement gagné, ils retournent leurs armes contre les premières lignes inefficaces, et les lapident en quelques sarcasmes assainés.
Au loin du champ de bataille : les généraux bedonnants, regardent de loin en loin, du bout de leur jumelles le déroulement de la bataille, ils ordonnent vaguement quelques stratagèmes (souvent contradictoires ) pour coincer "immanquablement" ces salops d'ennemis.Le reste du temps, ils critiquent la conduite tenue, regrettent le bon vieux temps, celui ou l'on savait se servir de ses yeux, de ses oreilles, de son bon sens, et qu'on abusait pas de toutes ces nouvelles techniques diagnostiques...
De l'autre côté, se trouvent les ingénieurs ( les laboratoires ), et les journalistes ( les radiologues ) qui proclament dans la seconde où l'adversaire se replie, que si, eux, avaient été sur le terrain, ils auraient depuis longtemps gagné la bataille ...
Et personne ne se rend compte, que s'ils ont réussi à vaincre c'est parce que chacun à fait, progressivement ce qu'il fallait faire. Ils oublient qu'à chaque étape les difficultés ne sont pas les mêmes, qu'elles changent et se renouvellent, que les premières lignes échouent parfois, mais que bien souvent, sans bruit, elles réussissent.
Que ce sont les percées, et parfois même les erreurs des premières lignes qui permettent aux renforts de triompher. les généraux, quant à eux, sont au spectacle, ne sachant plus très bien où la réalité se trouve, ils ont oublié le poids de la fatigue, les multiples fronts qui s'ouvrent de préférence simultanément, la difficulté d'obtenir des vigiles compétents ( des examens complémentaires, rapides, bien faits et interprétables : le rêve ... )
bilan : TOUS ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE, OUAIS, OUAIS ...
13:42 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : généralistes, spécialistes, guerre, maladie
03.10.2008
Les infirmières et les externes (1)
Les relations entre les infirmières et les étudiants en médecine (qui portent aussi le doux nom d'externe ) : c'est un joli sujet, suggéré par Mlle Claire, alias Chef de la pub ...
Vous allez découvrir dans cette première partie ( il devrait y en avoir d'autres ;) l'externe face à l'infirmière ultra-compétente, puis l'externe et la voix du fin fond du couloir ... ( wahou, cette annonce de plan, on dirait presque une introduction type, façon dissertation de philo, il ne manque plus qu'une problématique : ... euh ... l'analyse précise des rapports entre les membres de l'hôpital sont esssentiels pour la compréhension intrinsèque du système de soins actuels... si, si ... )
I. L'infirmière ultra-compétente.
Elle a minimum 15 ans d'ancienneté dans la même aile de ce service qu'elle connait parfaitement. Elle a tout vu, tout connu. elle a cette connaissance qui n'est pas seulement théorique : elle sait faire, certes, mais surtout être. C'est le repère absolu, la constante ultime, du service presque autant que le Chef de Service lui-même ...
Pour l'étudiant en médecine elle est revêtue d'une aura de sacré : d'une part, elle a vu l'incroyable, à savoir ses chefs à leurs tout début, dans ces moments même, où ils luttaient péniblement pour réaliser leurs prescriptions, ou la moindre posologie leurs était plus pénible que l'ascension du mont-blanc, pieds nus par moins 20 degrés... si, si je vous parle bien de ceux-la même qui semblent aujourd'hui incroyablement infaillible, faisant face aux plus excentriques urgences avec une sérénité tranquille dont ils ne se semble jamais se départir ...
Ceci dit,elle ne fait pas que voir l'incroyable, elle le fait aussi : elle jongle avec les perfusions et te branche 43 tubulures sur un robinet 3 voies sans jamais faire de noeuds, fais passer "la base" en distal et la calciparine sur ... vous comprenez rien ? ... bah moi non plus ...
elle te fait les soins les plus compliqué en 36 secondes tout en restant stérile, (petit rappel : toi, tu as même pas encore passée la bétadine (= antiseptique ) que t'as déjà réussi à contaminer tout tes champs stériles ... )
Mais l'infirmière ultra-compétente ce n'est pas que l'efficacité incarnée, c'est aussi la clé de l'intégration pour le petit étudiant dans l'équipe paramédicale : avec elle soit ça passe, auquel cas le service deviendra un véritable palace, soit ça casse, auquel cas il trépasse ;).
Prenons le second cas ( c'est bien plus marrant ;), notre cher étudiant n'ayant pas convainvu The Key (bah la clé, quoi) de son utilité va se transformer sur le champs en esclave corvéable à merci, elle, et toute l'équipe soignante ne lui parleront guère plus que pour l'envoyer dans des missions fâcheuses, auquel notre sus-cité esclave aura soin de se plier en espérant mériter une éventuelle rédemption ;)
[Transition de ouf-malade] Mais l'infirmière ultra-compétente, qui illumine le service de l'étendue de ses connaissances, n'est point la seule à sévir à agir dans ces lieux ...
II. La Voix du fin fond du couloir, qui n'est d'ailleurs peut être pas une infirmière, vu qu'elle se résume à une voix, parfois à une silhouette rapidement aperçue derrière un amoncellement de pansement, médicament, et de dossiers entreposée sur un chariot... Nous ferons donc ici pour la sauvergarde du sujet de ce texte, l'hypothèse qu'il s'agit d'une infirmière ;).
Son passe-temps préféré consiste à héler l'externe d'une voix de stentor : "Dis, l'externe, tu pourras me faire l'ECG ( electro cardiogramme, qui permet de voir l'activité électrique du coeur ) de M. Y ?" .. ça à l'air d'une question, mais ne vous y méprennez pas : c'est un ordre ...
la Voix s'élève souvent quand l'externe se croyant à l'abri des regards, désinfecte un peu trop rapidement le l'appareil à ECG.
La voix est aussi trés au courant des usages et superstitions de l'hôpital ...
Et c'est ainsi que l'externe qui a, une fois de plus, hérité d'une mission fâcheuse à savoir brancarder un patient (= l'emmèner dans lit à une consultation, ou un examen ), le brancarde les pieds en avant, (oui, mon ami, la tête est donc derrière, ce qui accessoirement permet au malade de voir où l'on va ... euuh ... en l'occurence le prochain chariot qu'on ne manquera pas de heurter, c'est drôlement pas maniable ces lits roulants :). Que n'avait-il fait ...
la Voix, derrière lui, s'élève aussitôt : " LA TETE EN PREMIER, LA TETE EN PREMIER ... " sur l'exacte même ton, que prendrait un marin à bord d'un paquebot, s'éventrant sur ... euh ... sur un iceberg par exemple ( quoi ? ... ça vous rapelle quelque chose ? ... le titanic ? ... ), pour déclamer, conscient de la noblesse de son sacrifice : " LES FEMMES ET LES ENFANTS D'ABORD ".
Peut-être vous demandez-vous pourquoi la Voix est si désireuse que la tête du patient soit en premier ? ... Tout simplement à cause de l'expression " sortir les pieds devant "...
[ Conclusion de ouf-malade ] : Les infirmières, qu'elles soient ultra-compétente, ou la Voix de la Sagesse, du Reproche et de la Demande, sont absolument nécessaire à la bonne marche des brancards du service ;)
[ ouverture de ouf-malade ] bientôt, découvrez l'éudiante infirmière, l'infirmière surbookée, l'infirmier et bien d'autres ...
13:31 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : infirmières, externes, hôpital, brancardage
30.09.2008
Choix de stages ...
Parmi les réjouissances de la rentrée, il y a les retrouvailles avec le secrétariat universitaire : de secrétariat il n'a que le nom, en réalité il s'agit plutôt d'une salle de relaxation pour fonctionnaires en manque de souffre douleur.
Il existe dans cette pièce exigu, un étrange sentiment de compétition ou chacun des sus-nommés fonctionnaires s'échinent véritablement pour aider les étudiants en détresse pour rabrouer outrageusement quiconque aurait l'affront de s'adresser à eux ...
Bref, après les moults épreuves qui jalonnent le parcours de celui qui aurait l'ambition de s'inscrire dans l'année suivante, les joies des choix de stages ...
Que je développe mon propos ?
...
Croyez-moi vous ne le souhaitez pas ?
clameur suppliante de la foule en délire ... ( j'aime bien écrire à la fois les questions et les réponses, ça donne un petit côté réaliste à l'affaire ;)
bon, ok, je cède, et je vous propose ici la super méthode de malade de la répartition des stages pour des étudiants en médecine de par chez nous : et nous avons la joie d'acceuillir sur ce blog le haut commissaire à la con, qui interviendra en orange parce que l'administration étudiante à pour ambition première le bien-être de ses étudiants, de faire djeuns, et les couleurs vives c'est djeuns.
on applaudit bien fort M. le Haut Commissaire à la con :
Bonjour à tous, oui, oui même à vous dans le fond qui chahutez ... ( petit rire policé )
le haut commissaire n'a pas que une tête de con, il est aussi très drôle. Mais dans le style drôle pédagogique, hein, sa petite vanne foirée, pour lui, ça vaut bien le prix nobel de l'éducateur, il croit détendre l'atmosphère, inclure les turbulents et charmer les demoiselles ... si si , tout ça ;)
merci c'être venu si nombreux ...
Le haut commissaire à toujours tendance à penser que les étudiants viennent, non parce qu'ils sont convoqués, mais pour lui rendre un hommage personnel ;)
...
Dans mon immense bonté, je vous fais grâce du reste du discours, et j'en viens aux explications :
la répartition se fera par ordre alphabétique, pour plus d'équité vous tirez une lettre au sort par laquelle vous débuterez l'appel pour les choix, pour que ce soit plus marrant : il est nécessaire d'afficher la liste avec l'ordre de passage des étudiants, planqués quelque part dans la fac (ça les amuse toujours un peu de chercher, vous savez les jeunes, il faut les occuper ... sinon ils dégradent le matériel )
on a bien fait de l'inviter en guest star sur ce blog celui là non ?
Il faut ensuite changez, 2 ou 3 fois la lettre de départ, pour faire un dernier changement quelques minutes avant le début des choix : ceux qui passent en premier, ne le sachant point (qu'ils passent en premier), arriveront ainsi en retard pour leurs choix, et les autres pourront reprendre à zéros les stratégies qu'ils avaient péniblement mis au point pour obtenir le stage de leur rêves.
Parce que si deux minutes, vous vous mettez dans la peau d'un étudiant vous remarquerez que ce n'est pas si simple de bien choisir son stage : sur 6 mois il vous faut un stage dans une spécialité obligatoire, et un autre au choix dans plusieurs spécialités. Sur les 3 ans : au moins un stage de chirurgie.
Ces contraintes respectées, vous partez à la recherche du stage idéal qui doit répondre aux caractéristiques suivantes : stage formateur, chefs sympas, peu de gardes mais intéressantes, pas trop d'astreintes, proximité de l'hopital de la fac et de chez-vous, avec vos co-externes préférés, tout ça en fonction de votre classement sur la sus-expliquée liste alphabétique ...
Bref, laissez moi vous dire que le moindre changement de place, représente l'équivalent d'un séisme de force 8,8 sur l'échelle de richter ...
Revenons à notre autre peau, ( vielle, la peau, je vous l'accorde, mais là n'est pas la question ) : la peau de l'administration. Vous avez donc votre ordre, vous parquez donc vos 300 étudiants dans un amphi, muni du couple ultime : le rétroprojecteur et l'ordinateur, à partir desquels vous allez faire projettez en temps réels les places déjà distribuées et celles qui restent.
Oui, c'est remarquablement organisé, nous sommes à la pointe du progrès ...
tiens il a du finir son disours lui ... nota bene, le haut commissaire fait preuvre d'une certaine prodigalité (non pour débloquer des fonds, ce qui d'ailleurs pourrait s'avérer utile vu l'état des bâtiments) à s'auto-complimenter ( il a pas tort, ceci dit, personne dans la salle n'ayant le quart d'un début de moitité de compliment à lui présenter ;)
Vous appelez donc les étudiants, un à un pour qu'il choississent, prennent les places restantes ( de bon coeur ).
end of the story.
Quant à notre étudiant, il est choupinet, il garde indépendament de son classement, l'espoir tremblant d'obtenir le stage de ses rêve, ce qui le conduit à pousser des clameurs de désespoir, quand son premier choix disparaît prématurément de l'écran, clameurs qu'il reproduit pour la disparition tout aussi regrettée du second, puis du troisième, et du quatrième, jusqu'à se retrouver livré au griffes d'un chef sadique au fin fond de la banlieue parisienne ;)
16:33 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : choix de stage, administration
16.09.2008
La vraie vie / les séries médicales : Urgences ( ER )
Dans la vraie vie, un gars qui vient aux urgences parce qu'il a mal au ventre, en bas du ventre sur la droite, avec l'abdomen qui se contracte quand on le palpe ( =en terme médicaux : une défense à la palpation ) une douleur maximale au point de Mac burney ( c'est l'endroit entre le nombril et la pointe du bassin du côté droit ... mais vous vous en badigeonnez certaienement le nombril ... ) en général ce patient là, pour peu qu'il ait un peu de fièvre, des troubles du transit : on suspecte l'appendicite ...
Mais dans Urgences (Emergency Room ... oh Yeah ... ) que deviendrait notre banal cas d'appendicite ?
Je penche pour :
un petit blondinet d'une dizaine d'année, accompagnée de son adorable môman, que notre bon Doug Ross examinera consciencieusement, il auscultera avec son stéthoscope le coeur et le poumons, tout en continuant son dialogue avec la mère ou même l'enfant.
in the reality le stétho dans les oreilles on entend rien, écouter à la fois les battements cardiaques et la mère : c'est juste mission impossible ( encore ça serait Tom Cruise l'acteur ... hohohohihihuhuh ... qu'est ce qu'on se marre ;) devant la douleur abdominale localisée et tous les symptômes énumérés si ce dessus Dr Ross orientera son diagnostic vers l'appendicite : pas fou le Doug : Il enverra le môme au scanner, et réconfortera la maman, non sans la dragouiller quelque peu, sinon quel intérêt ?
Pendant ce temps, 2, 3 traumas arriveront en même temps aux Urgences, de préférence blessures par balle.
la recette idéale étant :
Un couple innocent : dont la femme par exemple a été blessée par un fou furieux armé, le mari est venu à la défense de sa femme blessant l'agresseur avec un bon vieux couteau de cuisine ( un peu de gor, ne nuit jamais ;) avant d'apeller le samu.
La femme et son agresseur seront traités dans des salles conjointes, histoire que la situation s'envenime bien ...
Après cette entre-scène riche en hémoglobine, place au Dr Ross, à qui l'on tend les résultats du scanner, qu'il regerde d'un air sombre ( les 6 planches de scanner, toi tu les a pas encore mis dans le bon sens que lui les à déjà analyser : beau gosse ;), il balance un coup de poing rageur dans un mur (vous quand vous faîtes ça vous vous retrouvez avec une jolie fracture : lui quand il fait ça : Que dalle, nada, niet ... :) cool d'être une movie star ;).
Il rentre dans la chambre de l'enfant, et soupire en voyant la mère caresser tendrement les cheveux de son fils ... cette dernière prend un air interrogatif, et il leur annonce alors que le scanner montre une masse ... qu'il va falloir opérer, pour regarder de plus près ... il esquive la question maternelle : "c'est grave? " en expliquant qu'on en sera plus après l'opération qui permettra de prélever et de l'analyser la masse...
Pendant ce temps : On retrouve notre petit couple : la femme est intubée, ventilée, en arrêt cardiaque, on la défibrille au moins 3 fois même si l'électrocardiogramme est plat :) ( le défibrillateur permet de réduire certaines arythmies cardiaques, mais si il n'y a plus de rythme du tout, ça ne sert strictement à rien ;). son mari, derrrière les portes fenêtres, pleure. L'agresseur, lui est au bloc opératoire ...
Petit interludes ou un couple médecin/infirmière ( jamais une femme médecin avec un infirmier ... attention ... ) s'embrassent goulûment ;)
On retrouve Dr ross, notre peit patient est déjà sorti de chirurgie ( bah quoi, il faut bien que tout ça tienne en 40 minutes), la masse se révèle être un cancer très rare, de très mauvais pronostic.
Doug Ross qui le pressentait déjà rien qu'à la vue du cliché du scanner soupire de plus bel, et va annoncer la terrible nouvelle, la mère s'effondre dans les bras du pédiatre ... l'enfant réconforte sa mère... tout blond, tout mignon : à moins d'être absolument insensible, vous avez déjà utiliser en intégralité votre boîte de mouchoirs...
Retour sur la femme agressée qui décède finalement, malgré les bons soins de Carter, de greene, et de 2 infirmières (ils sont toujours 5, 6, sur 2 m² sans jamais, ô grand jamais se gêner ... vous y croyez vous ? ).
le mari, pénètre dans la salle dévasté et pleure au chevet de sa femme ... il se retourne alors, et voit ...? bah évidement l'agresseur de sa femme que l'on vient de redescendre de chirurgie, qui est conscient et tout ( Oui, 40 minutes, je vous rapelle l'épisode, alors la salle de réveil : bah y en a pas ;) ...
en un instant notre charmant veuf est sur tout juste opéré et le frappe violement à la tête avant que les gros mecs musclés de la sécurité n'arrivent à le repousser ... il survivra, bien sûr : le méchant s'en sort toujours : c'est la loi à la TV ;)
Il fait nuit, nos médecins et infirmières favoris, s'en vont par joli petit couple, chacun ruminant leur difficile journée : "it's beeen a loooong day" ...
Dans les épisodes suivants : on retrouvera bien évidement le joli blondinnet, qui finira par guérir de son cancer, une fois qu'on aura bien utiliser tout le potentiel dramatique de la situation ... :)
Aaaaah la la la elle est loin l'appendicite ;)
16:50 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note


